Le bilan diagnostic kinésithérapique (BDK).
Définition, trame recommandée par la HAS, cotation et calendrier de la NGAP, fiches au médecin prescripteur : les règles, vérifiées sur les textes officiels. Et comment rédiger tes bilans en quelques minutes.
Qu'est-ce qu'un bilan diagnostic kinésithérapique ?
Le bilan diagnostic kinésithérapique (BDK) est le bilan que le masseur-kinésithérapeute établit dans le cadre de la prescription médicale. Selon l'article R. 4321-2 du code de la santé publique, il comprend le diagnostic kinésithérapique, les objectifs de soins et le choix des actes et des techniques. Établi en début de prise en charge, il s'enrichit au fil du traitement.
Le BDK n'est pas une simple "prise de notes". C'est un acte de la nomenclature (NGAP, titre XIV), à la cotation forfaitaire : en métropole, 10,7 AMK, soit 23,65 €, ou 10,8 AMK, soit 23,87 €, pour la rééducation des conséquences des affections neurologiques et musculaires. L'obligation de l'établir remonte au décret n° 96-879 du 8 octobre 1996, complété en 2000 puis codifié en 2004 à l'article R. 4321-2.
Concrètement, le BDK sert trois objectifs :
- Clinique — établir le diagnostic kinésithérapique et choisir les actes et les techniques les plus appropriés
- Communication — assurer la liaison avec le médecin prescripteur, qui reçoit une fiche synthétique
- Traçabilité — selon ameli.fr, le bilan te protège en cas de contestation du traitement réalisé : c'est le seul document officiel qui permet de prouver la prise en charge effectuée
Quand faut-il rédiger un BDK ?
La NGAP décrit un bilan établi au début du traitement, puis enrichi au fil des séances. Trois moments comptent :
1. Le bilan initial
Il se facture dès la première séance, dès lors qu'une rééducation est prescrite, quel que soit le nombre de séances prescrites. Il comporte l'évaluation initiale des déficiences (déformations, amplitudes articulaires, force musculaire, sensibilité, douleur…) et des incapacités fonctionnelles, qui permettent d'établir le diagnostic kinésithérapique et de choisir les actes et les techniques. Une fiche synthétique part au médecin prescripteur dès le début du traitement.
2. Le bilan au fil du traitement
Le bilan s'enrichit du protocole mis en œuvre, des événements qui ont justifié une modification ou une interruption du traitement, des résultats obtenus par rapport à l'objectif initial, des conseils donnés au patient et des propositions qui en découlent. Il se facture de nouveau à des séances précises :
- 10,7 AMK (rééducation et réadaptation fonctionnelle) : à la 30e séance, puis toutes les 20 séances réalisées (50e, 70e, 90e…)
- 10,8 AMK (affections neurologiques et musculaires, hors atteintes périphériques radiculaires ou tronculaires) : à la 60e séance, puis toutes les 50 séances réalisées (110e, 160e…)
3. La fin du traitement
Au terme d'un traitement d'au moins 10 séances, une fiche synthétique est adressée au médecin prescripteur. Le cas échéant, elle comporte les motifs et les modalités d'une proposition de prolongation, notamment le nombre de séances.
Rappel : ces règles concernent les bilans réalisés sur prescription médicale ; l'accès direct a les siennes.
Trame d'un BDK : ce que prévoient les textes et la HAS
La NGAP fixe le contenu du bilan : l'évaluation initiale des déficiences et des incapacités fonctionnelles, le diagnostic kinésithérapique et le choix des actes, puis, au fil du traitement, le protocole, les résultats et les conseils donnés. Pour l'organiser, les recommandations de l'ANAES sur le dossier du patient en masso-kinésithérapie (mars 2000, aujourd'hui publiées par la HAS) proposent un contenu type : ce sont des recommandations, une aide à la décision, pas une norme. Voici une trame qui suit leurs grands temps :
1. Informations administratives
- Identité du patient (nom, prénom, date de naissance, numéro de sécurité sociale)
- Identité du kinésithérapeute (nom, numéro RPPS, adresse professionnelle)
- Identité du médecin prescripteur + date et contenu de la prescription
- Date de rédaction du bilan
2. Anamnèse
Recueil structuré des informations cliniques en entretien :
- Motif de consultation et attentes du patient
- Antécédents médicaux, chirurgicaux, familiaux pertinents
- Histoire de la maladie actuelle (chronologie, circonstances de survenue, évolution)
- Traitements en cours
- Contexte personnel, professionnel, sportif, activités quotidiennes
3. Examen clinique
Observation et tests objectifs réalisés par le kiné :
- Inspection — morphologie, attitudes, statique
- Palpation — douleurs, contractures, trophicité
- Bilan articulaire — amplitudes (actives et passives)
- Bilan musculaire — testing (cotation Medical Research Council), endurance
- Tests spécifiques — neurologiques (Lasègue, ROT), orthopédiques, vasculaires
- Évaluation sensitive si pertinente
4. Bilan fonctionnel
Retentissement des déficiences sur la vie quotidienne, professionnelle, sportive :
- Limitations d'activité (marcher, monter les escaliers, lever un bras…)
- Restrictions de participation (travailler, conduire, pratiquer un sport)
- Scores et échelles adaptés à la pathologie : EVA douleur, Oswestry (lombaire), DASH (membre sup), Tinetti (équilibre), WOMAC (genou/hanche), Constant (épaule), etc.
5. Diagnostic kinésithérapique
Synthèse analytique du kinésithérapeute — c'est le cœur intellectuel du BDK. À ne pas confondre avec le diagnostic médical (posé par le médecin). Le diagnostic kiné identifie :
- Les déficits de structure ou de fonction
- Les limitations d'activité prioritaires
- Les restrictions de participation
- Les facteurs contextuels (environnement, personne)
Ces catégories reprennent celles de la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) de l'Organisation mondiale de la santé.
6. Projet de soins
Le plan d'action thérapeutique concret :
- Objectifs — SMART (spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes, temporisés)
- Techniques envisagées — thérapie manuelle, exercices, physiothérapie, éducation
- Fréquence et durée prévisionnelles du traitement
- Critères de suivi et d'arrêt — comment tu sauras que le patient va mieux
- Coordination avec d'autres professionnels de santé si besoin
Facturation du BDK — règles de la NGAP
Tarif conventionnel
Le BDK est un acte de la NGAP (titre XIV, chapitre I, section 2), et sa cotation est forfaitaire. Avec un AMK à 2,21 € en métropole :
- 10,7 AMK, soit 23,65 €, pour la rééducation et la réadaptation fonctionnelle (chapitre II ou III de la NGAP)
- 10,8 AMK, soit 23,87 €, pour la rééducation des conséquences des affections neurologiques et musculaires, en dehors des atteintes périphériques radiculaires ou tronculaires
En outre-mer, Mayotte comprise, l'AMK vaut 2,43 € : le bilan se facture 26 € et 26,24 €.
Calendrier de facturation
Le premier bilan se facture dès la première séance, dès lors qu'une rééducation est prescrite, quel que soit le nombre de séances prescrites. Les suivants se comptent en séances réalisées : à la 30e puis toutes les 20 en 10,7 AMK, à la 60e puis toutes les 50 en 10,8 AMK. Pour savoir à quelle séance tombe le prochain bilan d'un patient, le calculateur de l'article BDK : ce qu'AMELI exige vraiment applique ce calendrier.
Pour un cas particulier, la nomenclature en vigueur et ta caisse primaire font foi. Sources officielles : la NGAP et ameli.fr — Bilan diagnostic kinésithérapique
Ce que reçoit le médecin prescripteur
Deux textes s'appliquent, et ils ne disent pas tout à fait la même chose :
- Le code de la santé publique (art. R. 4321-2) : le bilan est tenu à la disposition du médecin prescripteur. Une fiche de synthèse, qui retrace le traitement, lui est adressée à l'issue de la dernière séance quand le traitement a compté au moins dix séances, et aussi quand il faut modifier le traitement prévu ou qu'une complication survient.
- La NGAP : une fiche synthétique du bilan initial (évaluation, diagnostic kinésithérapique, protocole précisant le nombre de séances) est adressée au prescripteur dès le début du traitement ; quand tu préconises moins de 10 séances, une copie de la demande d'accord préalable peut suffire. Une nouvelle fiche part au terme d'un traitement d'au moins 10 séances, avec, s'il y a lieu, ta proposition de prolongation.
- La fiche synthétique reste à la disposition du patient et du service médical, à leur demande.
En clair : le bilan complet peut rester dans ton dossier, mais le prescripteur reçoit une synthèse au début du traitement, et une autre à la fin quand il a duré dix séances ou plus.
Ces documents contiennent des données de santé : envoie-les par un canal sécurisé, comme une messagerie sécurisée de santé, plutôt qu'en pièce jointe d'un e-mail ordinaire ou par SMS.
Exemples de BDK par pathologie
La théorie c'est bien — un BDK rédigé de bout en bout, c'est mieux. On publie sur le blog Kadu des exemples cliniques complets, pas à pas, sur des patients fictifs, avec le document final à copier-coller dans ton logiciel.
- BDK lombalgie commune — exemple complet + modèle copiable · anamnèse, tests neuro-méningés, Oswestry, diagnostic CIF, projet SMART
Retrouve nos guides pratiques, nos récits de conception et nos outils gratuits (trame de bilan, test de marche de 6 minutes…) sur le blog de Kadu.
Rédiger un BDK en quelques minutes avec un logiciel IA
Avec un logiciel de kinésithérapie IA comme Kadu, un bilan courant ne te prend que quelques minutes : le temps de le dicter, puis de le relire et de le transmettre.
- Tu dictes ton examen et ton analyse, en français naturel, comme à un confrère
- Kadu structure ta dictée selon les recommandations de la HAS et te demande ce qui manque ; la rédaction peut prendre jusqu'à deux minutes, sans toi
- Tu relis chaque section, corriges ce que tu veux et enregistres
Ce n'est pas un chronomètre : un bilan chargé en tests se dicte plus longtemps, et la relecture prend le temps qu'il faut. Le bilan se fait pendant que l'examen est encore frais, au lieu de s'accumuler pour le soir (la méthode pas à pas).
Pour le prescripteur, Kadu ne rédige pas de fiche synthétique séparée : c'est ton bilan qu'il reçoit. Une fois le bilan relu, « Transmettre au médecin » lui envoie un e-mail avec un lien sécurisé vers le PDF, valable 90 jours, et l'accueil te rappelle les bilans qui restent à transmettre (comment ça marche). Le bilan reste dans le dossier du patient.
Détails sur le logiciel IA Kadu et sur la sécurité HDS / RGPD.
Pour suivre le parcours dans Kadu, consulte les guides pour dicter un bilan, relire le document et le transmettre au médecin.
Faire ton BDK dans Kadu, pas à pas
Les guides du centre d’aide décrivent chaque étape telle qu’elle se passe dans l’application :
- Dicter un bilan : vérifier les réglages, dicter ton examen, répondre aux précisions de l’IA.
- Relire et enregistrer un bilan : trancher les points « À confirmer » et « À vérifier », corriger, enregistrer.
- Transmettre au médecin : envoyer le bilan relu par un lien sécurisé.
- Faire un bilan de prévention : de l’entretien au plan personnalisé remis au patient.
Ressources officielles
- ameli.fr — Le bilan diagnostic kinésithérapique (BDK)
- NGAP en vigueur au 1er septembre 2026, titre XIV, chapitre I, section 2 (ameli.fr, PDF)
- ameli.fr — Tarifs conventionnels des masseurs-kinésithérapeutes (valeur de l'AMK)
- Code de la santé publique, article R. 4321-2 (Légifrance)
- Décret n° 96-879 du 8 octobre 1996, actes professionnels du masseur-kinésithérapeute (Légifrance)
- HAS (ANAES) — Le dossier du patient en masso-kinésithérapie, recommandations, mars 2000
- CNOMK — Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes
Questions fréquentes sur le BDK
Qu'est-ce qu'un bilan diagnostic kinésithérapique (BDK) ?
Le BDK est le bilan que le masseur-kinésithérapeute établit dans le cadre de la prescription médicale. Il comprend le diagnostic kinésithérapique, les objectifs de soins et le choix des actes et des techniques (code de la santé publique, art. R. 4321-2). Il part de l'évaluation des déficiences et des incapacités fonctionnelles, et s'enrichit au fil du traitement (NGAP). En métropole, il se facture 23,65 € (10,7 AMK), ou 23,87 € (10,8 AMK) pour la rééducation des conséquences des affections neurologiques et musculaires.
Quand dois-je rédiger un BDK ?
Dès le début du traitement : le premier bilan se facture dès la première séance, dès lors qu'une rééducation est prescrite. Il s'enrichit ensuite au fil des séances, et la NGAP fixe les séances où il se facture de nouveau : en 10,7 AMK, à la 30e séance puis toutes les 20 séances réalisées (50e, 70e…) ; en 10,8 AMK, à la 60e séance puis toutes les 50 (110e, 160e…).
Combien de temps prend la rédaction d'un BDK ?
Cela dépend du patient, des tests réalisés et de ta façon de travailler : on ne publie pas de moyenne. Avec Kadu, un bilan courant ne te demande que quelques minutes : dicter ton examen, puis relire et transmettre le bilan. Entre les deux, la rédaction peut prendre jusqu'à deux minutes, sans toi. Un bilan chargé en tests se dicte plus longtemps, et la relecture reste indispensable.
Le BDK est-il obligatoire ?
Oui. L'article R. 4321-2 du code de la santé publique prévoit que, dans le cadre de la prescription médicale, le masseur-kinésithérapeute établit un bilan qui comprend le diagnostic kinésithérapique, les objectifs de soins et le choix des actes et des techniques. L'obligation remonte au décret n° 96-879 du 8 octobre 1996 (article 2), complété en 2000 et codifié en 2004 dans le code de la santé publique.
Qui peut consulter le BDK ?
Le bilan est tenu à la disposition du médecin prescripteur (code de la santé publique, art. R. 4321-2), et la fiche synthétique du bilan à celle du patient et du service médical de l'Assurance Maladie, à leur demande (NGAP). Le patient peut aussi accéder aux informations de santé qui le concernent (code de la santé publique, art. L. 1111-7). Le bilan est couvert par le secret professionnel.
Combien rapporte la rédaction des BDK ?
En métropole, chaque bilan se facture 23,65 € en 10,7 AMK, ou 23,87 € en 10,8 AMK. Le total dépend de ton cabinet : nombre de nouveaux patients, longueur des traitements, part de neurologie. On ne publie pas de moyenne : le calculateur de notre article de blog « BDK : ce qu'AMELI exige vraiment » part de tes propres chiffres.
Puis-je facturer un BDK à chaque séance ?
Non. La cotation du bilan est forfaitaire, et la NGAP fixe les séances où il se facture : dès la première séance, puis à la 30e et toutes les 20 séances réalisées en 10,7 AMK, ou à la 60e et toutes les 50 en 10,8 AMK.
Tes bilans, dictés dans la foulée.
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