Kadu
Suivi du patient

Une courbe, pas deux : ce qu’un kiné nous a appris sur l’EVA

Au bilan, tu as noté 4 sur 10 au repos. Trois semaines plus tard, le patient sort de ses exercices et te dit 6. Sur la courbe, la douleur remonte. Pourtant personne ne s’est trompé : ces deux chiffres ne mesurent simplement pas la même chose.

L’équipe Kadu6 min de lecturePour les kinésithérapeutes

4 au repos puis 6 à l’effort : mélangés, ils font une hausse qui n’existe pas. Chez Kadu, une courbe ne suit qu’un contexte.

Deux chiffres qui ne se comparent pas

Beaucoup de kinés relèvent plusieurs EVA dans un même bilan : au repos, à l’effort, la nuit, dans les escaliers. C’est une bonne habitude. Une douleur qui cède au repos mais se réveille à l’effort ne raconte pas la même histoire qu’une douleur qui réveille la nuit.

Le problème commence quand ces chiffres finissent sur la même courbe. Un 4 au repos, puis un 6 à l’effort : la ligne monte, et le suivi affiche une hausse. Un 6 à l’effort, puis un 2 au repos : la ligne plonge, et voilà une amélioration qui n’en est pas une. Chaque chiffre est juste ; c’est la courbe qui compare deux douleurs différentes.

Les repères cliniques rendent l’erreur plus gênante encore. Dans la douleur chronique, une étude de référence retient comme cliniquement importante une baisse d’environ 2 points sur une échelle numérique de 0 à 10, ou d’environ 30 %.

≈ 2 points

sur 10 : la baisse retenue comme cliniquement importante dans la douleur chronique

≈ 30 %

le même repère, rapporté à la douleur de départ

2 points

l’écart de notre exemple, entre 4 au repos et 6 à l’effort : un simple changement de contexte

Autrement dit, un simple changement de contexte produit un écart de la taille de ceux qu’on cherche justement à repérer. Toi, tu sais lire entre les points. Mais la courbe sert aussi à ceux qui n’étaient pas là : ton remplaçant pendant tes congés, le médecin qui lit ton compte rendu, le patient à qui tu montres son évolution.

Une courbe, un contexte

Début octobre, on a posé une règle simple. La courbe « Douleur (EVA) » d’un patient ne suit qu’un contexte : celui de l’EVA du premier bilan de l’épisode qui en précise un. Les EVA des séances viennent la compléter. Une mesure prise dans un autre contexte connu en est écartée.

Les mesures sans contexte, elles, restent dans la courbe, comme avant. Kadu reconnaît une douzaine de contextes dans ta dictée (au repos, à l’effort, à la marche, la nuit, à la palpation, dans les escaliers…), mais il ne devine jamais celui que personne n’a dit.

Tout commence à la relecture du bilan. Sous la date, la ligne « Douleur (EVA) » reprend l’EVA de ta dictée. Si tu en as dicté plusieurs, Kadu n’en retient aucune d’office : « Ta dictée en cite plusieurs : choisis celle que tu suivras aux séances. » Chacune est proposée avec son contexte, et tu peux encore choisir après avoir enregistré le bilan. Sans EVA dictée, la ligne reste sur « Non mesurée », ou tu choisis la valeur toi-même.

Plusieurs EVA dictées : Kadu n’en retient aucune d’office. Tu choisis celle que suivra la courbe, et l’autre peut être gardée à part.

L’autre EVA n’est pas perdue. Elle apparaît juste en dessous, dans « Mesures du bilan », avec la phrase dictée d’où elle vient. Garde-la : elle aura sa propre série dans « Mesures », dans l’onglet Suivi, avec les EVA des séances prises dans ce contexte.

La deuxième courbe qu’on n’a pas construite

Une fois la règle posée, la suite semblait évidente. On avait prévu une deuxième courbe dans le panneau de la douleur, pour suivre l’autre contexte à côté du premier, et un choix du contexte à chaque EVA relevée en séance.

Un des kinés qui utilisent Kadu depuis ses débuts nous a arrêtés avant qu’on la construise. Son argument tenait en une phrase :

« Les kinés savent ce qu’ils ont en tête quand ils parlent d’EVA. »
Thomas Desbonnets, kinésithérapeute libéral à Étaples

On en a tiré une conclusion simple. Demander le contexte à chaque mesure, c’est un geste de plus pour une information que tu as déjà.

Pas à pas dans le centre d’aideLe mode consultationRelever l’EVA en séance, avec le rappel du contexte du bilan.

Le contexte, pour ceux qui ne l’ont pas en tête

Toi, tu sais de quelle douleur tu parles. D’autres lisent tes chiffres sans t’avoir entendu. C’est pour eux que le contexte reste écrit partout où l’EVA suivie apparaît :

  • Sur la fiche : la courbe « Douleur (EVA) » affiche le contexte qu’elle suit, à côté de « Épisode en cours ».
  • Avant la séance : « Depuis la dernière fois », en mode consultation, montre l’EVA suivie de la première mesure à la dernière, dans le même contexte que la courbe.
  • Au compte rendu : le panneau de la douleur l’indique (« Douleur · EVA au repos »). Kadu reprend l’EVA que tu dictes dans ce contexte ; celle d’un autre contexte n’est pas reportée sur la courbe.
  • Dans le PDF : le score EVA du compte rendu porte son contexte quand il est connu. Le médecin sait quelle douleur tu suis.
  • Pendant un Live : chaque EVA garde son contexte et se compare à la précédente prise dans le même contexte.
Le contexte suit l’EVA partout : un rappel en séance, au compte rendu, puis dans le PDF que lit le médecin.

Ce que la règle ne fait pas

Kadu ne devine pas un contexte que tu n’as pas dit. Une EVA dictée sans contexte reste sans contexte et rejoint la courbe, comme avant. Une EVA relevée d’un geste en séance s’enregistre aussi sans contexte : c’est à toi de la prendre dans celui du bilan, pour que la courbe reste comparable.

La tendance affichée à côté de la courbe compare la première et la dernière mesure. Elle ne dit pas si ton patient va mieux ; elle dit comment ses chiffres ont bougé, dans un contexte. L’interprétation, l’examen, ce qu’il te raconte en arrivant restent de ton côté.

Pas à pas dans le centre d’aideRelire et enregistrer un bilanChoisir l’EVA suivie à la relecture du bilan, et garder les autres.

Le 6 sur 10 du début n’a pas disparu : il a rejoint sa propre série, à l’effort. Et la courbe de la douleur dit enfin ce qu’elle a l’air de dire.

Questions fréquentes

Que fait Kadu quand je dicte deux EVA dans un bilan ?

Il n’en retient aucune d’office. Sur la ligne « Douleur (EVA) » de la relecture, il te les propose avec leur contexte (au repos, à l’effort…), et tu choisis celle que tu suivras aux séances, même après avoir enregistré le bilan. L’autre peut être gardée dans « Mesures du bilan ».

Pourquoi une EVA n’apparaît-elle pas sur la courbe de douleur ?

La courbe ne suit qu’un contexte : celui de l’EVA du premier bilan de l’épisode qui en précise un. Une EVA prise dans un autre contexte en est écartée, pour ne pas fabriquer une fausse hausse ou une fausse baisse. Si tu l’as gardée, elle a sa propre série dans « Mesures », dans l’onglet Suivi.

Dois-je préciser le contexte de l’EVA à chaque séance ?

Non. En mode consultation, la tuile « EVA » et sa fenêtre de mesure te rappellent le contexte du bilan (« Au bilan : EVA au repos ») : relève la douleur dans ce même contexte. La mesure s’enregistre sur la séance et rejoint la courbe.

Le médecin voit-il le contexte de l’EVA ?

Oui, quand il est connu : dans le PDF du compte rendu, le score EVA porte son contexte. Le médecin sait ainsi si tu suis la douleur au repos, à l’effort ou la nuit.

Sources

Les scènes et les exemples de cet article utilisent des données fictives. Kadu prépare des documents que tu relis : ta validation clinique reste indispensable.

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